Ce soir à 21h sur TVR, l’émission culturelle « Le Grand BaZH.art » clôt sa saison en beauté avec un invité d’exception : Sylvain Tesson. Direction Saint-Malo, et plus précisément le Fort du petit Bé, pour un numéro hors du temps entre récits d’exploration, art marin et mémoire vivante des lieux. Une plongée poétique et puissante dans l’univers d’un écrivain-voyageur inclassable, dans un décor battu par les vents, au rythme des marées et de l’inspiration.
Un aventurier des mots dans l’arène du vent
Sylvain Tesson n’est pas un écrivain comme les autres. Géographe de formation, il est d’abord un arpenteur du monde, un homme de terrain qui écrit après avoir marché, observé, affronté. En 1991, il s’élance pour sa première expédition en Islande. Suivra un tour du monde à vélo, puis une longue cavalcade à cheval dans les immensités d’Asie centrale. Mais c’est en 2010, lorsqu’il décide de vivre en ermite dans une cabane au bord du lac Baïkal, que l’auteur va toucher au cœur du silence. De cette expérience naîtra Dans les forêts de Sibérie, récompensé par le prix Médicis essai en 2011. Ce soir, à Saint-Malo, Tesson revient sur un autre chapitre de sa vie : vingt années passées à gravir des stacks, ces colonnes rocheuses battues par la mer. Son dernier livre, Les Piliers de la mer, témoigne de cette conquête verticale des confins maritimes, de ces dernières terres vierges défiant encore la main de l’homme.
Un lieu de mémoire et de résistance face à la mer
Le Grand BaZH.art ne se contente pas de dresser le portrait d’un écrivain : il éclaire aussi les lieux qu’il traverse. Le Fort du petit Bé, joyau d’architecture militaire au large de Saint-Malo, devient ici un personnage à part entière. Construit sous Vauban, isolé en mer à marée haute, le site est aujourd’hui maintenu en vie par la volonté inflexible d’Alain Etienne Marcel. Gardien des lieux, il affronte les éléments comme on résiste à l’oubli : avec patience, ténacité et poésie. Sa rencontre avec Tesson, deux solitaires habités par la mer, donne lieu à un échange vibrant sur la transmission, le lien au territoire, la lutte contre l’effacement. L’émission tisse ainsi des ponts entre passé et présent, entre l’histoire des hommes et celle des pierres.
Jack Kerouac, Nicolas Vial : les esprits compagnons
Pour cette dernière de la saison, l’équipe du Grand BaZH.art enrichit encore le tableau avec la présence d’autres figures inspirantes. On croise l’ombre de Jack Kerouac, père de la beat generation, dont l’obsession du voyage fait écho à celle de Tesson. À travers archives, textes et références, l’émission rend hommage à Sur la route et à ce souffle de liberté littéraire qui traverse les époques. Puis vient Nicolas Vial, peintre de la marine, fidèle ami de Tesson, qui puise lui aussi son imaginaire dans les îles, les phares, les tempêtes. Son trait vif et coloré dialogue avec les mots de l’écrivain. En immersion dans ce microcosme à la croisée des arts, le spectateur est invité à un voyage sensoriel où chaque image, chaque silence a sa place. Une ode à la création en Bretagne, portée par la force des éléments et l’intimité des rencontres.